Du 30 mars au 4 avril dernier, le berceau de la philosophie s’est transformé en laboratoire du futur. Pascale Raffier et Rose-Marie Enriquez-Vieu, nos deux expertes Erasmus et chargées de mission à l’international au sein du Campus international Don Bosco d’AMDB, ont pris de la hauteur (direction Athènes !) pour suivre une formation intensive intitulée « There is an AI for that » (Il y a une IA pour ça). Récit d’une semaine connectée, intense et résolument tournée vers l’avenir !

Pourquoi l’IA ? Comprendre pour mieux guider
Aujourd’hui, impossible de passer à côté : l’Intelligence Artificielle est partout. Face à ce constat, une certitude s’est imposée au sein du consortium : en tant qu’éducateurs et enseignants, nous ne pouvons pas rester de simples spectateurs. Nos élèves l’utilisent déjà, et pas toujours à bon escient !
L’objectif premier de cette mobilité Erasmus+ était donc limpide : mieux comprendre le fonctionnement de l’IA, en saisir tout le potentiel pédagogique, mais aussi en cerner les dangers et les limites (notamment les risques d’infox et les enjeux RGPD). Pour guider les jeunes et faire de l’IA un allié de l’apprentissage plutôt qu’un outil de triche passive, il nous fallait monter en compétences. C’est chose faite !
Le programme et ses acquis : 5 piliers de compétences
Le programme dispensé par l’Europass Teacher Academy n’a pas laissé de place à la monotonie. Alliant théorie et ateliers pratiques, cette semaine intensive nous a permis de structurer une solide montée en compétences autour de cinq grands piliers, immédiatement transposables sur le terrain :
- Comprendre l’écosystème de l’IA et l’art du « Prompt »: Nos premiers travaux ont été consacrés à l’impact de l’IA sur l’éducation contemporaine et à la prise en main des principaux chatbots (ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity). L’exploration de plateformes comme AI for Education nous a permis d’apprendre à formuler des prompts efficaces en « plantant le décor » : en définissant le rôle de la machine, le contexte, le profil précis de nos élèves et l’objectif visé afin de concevoir des contenus pédagogiques sur mesure.
- Développer l’éthique et l’esprit critique : Une part importante de la formation a été consacrée aux défis de l’IA, notamment les risques de désinformation et la fiabilité des sources. L’objectif acquis est de savoir utiliser des routines de pensée bien précises en classe pour aiguiser le jugement de nos élèves, développer leur éducation aux médias et les pousser à utiliser ces outils de manière responsable et créative.
- Personnaliser les parcours: En s’appuyant sur les principes de la Conception Universelle de l’Apprentissage (UDL), nous nous sommes approprié des applications innovantes idéales pour dynamiser les présentations et la classe inversée. L’utilisation d’extensions puissantes nous a révélé un atout majeur pour notre quotidien : gagner un temps précieux dans la préparation de supports différenciés afin d’aider chaque élève à avancer à son propre rythme.
- S’évaluer par la gamification et optimiser la gestion de projets : Le parcours a fait la part belle à l’apprentissage ludo-pédagogique en explorant des générateurs d’activités interactives. De la création de quiz express à la génération de chansons pédagogiques personnalisées, ou encore le montage automatisé de courtes vidéos percutantes, de nombreuses clés ont été acquises pour capter instantanément l’attention de nos jeunes.
- Automatiser les tâches administratives : Enfin, un focus sur les tâches administratives a mis en lumière comment l’IA peut devenir un assistant précieux pour optimiser au quotidien le suivi des projets de notre consortium.

Au-delà des écrans : un réseau salésien européen en construction !
Que serait une expérience Erasmus+ sans la richesse humaine ? Autour de la table, 15 participants venus de 8 pays différents (dont l’Autriche, l’Allemagne, l’Irlande, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, l’Espagne et la Suède) ont partagé leurs réalités de terrain. Cette mixité culturelle a été l’occasion idéale d’échanger sur les différentes pratiques et réglementations entourant l’utilisation des IA au sein des autres pays européens. Ces partages d’expériences ont été un terrain fantastique pour le réseautage. Nous avons noué des contacts prometteurs, notamment avec des écoles primaires et des établissements secondaires. Autant de futures opportunités de job shadowing (périodes d’observation en situation de travail) et d’accueils de mobilités pour les membres de notre consortium !

Et maintenant ? En avant vers le réinvestissement !
Pas question de laisser ces belles découvertes dans un tiroir. En tant que facilitatrices, la suite des opérations est déjà planifiée pour faire rayonner cette formation :
- Pour nos élèves : Intégration immédiate de ces outils numériques innovants et ludiques pour dynamiser nos cours et booster l’engagement des apprenants. L’IA devient pour nous un véritable levier de différenciation pédagogique pour adapter instantanément nos supports selon que les élèves ont besoin de savoir, de comprendre ou de faire.
- Pour nos fonctions d’expertes Erasmus : l’IA devient un formidable atout de productivité pour automatiser les tâches administratives chronophages, nous libérant du temps précieux pour les interactions humaines, tout en optimisant notre communication interculturelle.
Une chose est sûre : l’intelligence artificielle est un formidable assistant pour enrichir nos cours et libérer du temps de préparation, mais l’intelligence humaine, l’accompagnement et les valeurs salésiennes restent, eux, irremplaçables pour faire grandir nos jeunes !


